Le logiciel libre


Par Karsten Gerloff, President de la Free Software Foundation Europe, une ONG qui fait la promotion de la liberté de l’information par le biais du logiciel libre.
Budget annuel de la Fondation $400’000.- dons privés.

Gerloff_KappLe logiciel libre, quelques considérations préliminaires

Qui maîtrise notre smartphone ? En partie nous, mais en partie autrui, par le biais des autorisations et des interdictions liées à l’installation de logiciels. Nous sommes « surveillés » et une partie de notre liberté appartient à autrui et constitue un objet économique considérable (vente d’informations).

La question du contrôle de notre environnement repose sur le logiciel. Ainsi le code source d’un appareil donne accès (ou non) aux fonctionnalités (ex. utilisation de la caméra de notre ordinateur portable).

Un programme libre peut être : 1, une utilisation gratuite d’un logiciel ; 2, la liberté de « démonter » – décoder – le logiciel et d’en comprendre la logique ; 3, la liberté de partager le code du logiciel ; 4, la liberté de modifier le code du logiciel. Le logiciel « open source » contient ces quatre libertés.

GerloffQuelques repères historiques.

1983, au MIT, Richard Stallman  développeur souhaitait reprogrammer son imprimante, mais devant le refus du constructeur, il décide de développer son propre driver et firmware. Il a ensuite développé GNU (Gnu is Not Unix) . Un système d’exploitation basé sur Unix. Le finlandais Linus Torvards  dans les années 90 lui emboite le pas pour développer Linux. Aujourd’hui le logiciel libre est partout. Les licences de copyright libre (Creative Comons), les sites collaboratifs (wikipédia), etc.

ParticipantsQuestion : qu’en est-il de la sécurité ?

La faille de sécurité Hartbleed qui a défrayé la chronique et créé une immense faille dans de nombreux sites repose sur la confiance en un logiciel libre (OpenSSL) qui n’avait pas fait l’objet des vérifications soigneuses. Selon Gerloff, l’aspect public de cette faille est intéressant. Les failles dans les logiciels de sécurité propriétaires ne sont pas connues du grand public. La sécurité n’est pas forcément plus grande. Le logiciel libre permet à la communauté de boucher la faille… mais aussi d’injecter du code malveillant. Ce qui, à son tour, sera soumis à la surveillance de la communauté.

Beaucoup de grands du web ont débuté grâce au logiciel libre.

Les politiques du logiciel

Les enjeux du logiciel ne sont pas d’abord techniques, mais politiques et économiques.

Avec un drone on peut prendre de magnifiques images d’un endroit, mais aussi repérer des personnes à distance en vue de leur envoyer un missile. La surveillance de nos activités informatiques est universelle et constante. Pourquoi est-ce un problème ? C’est une menace pour la démocratie qui repose sur la privatisation de l’information – et donc la confiance ; l’anonymat qui permet la dénonciation des abus ; l’autonomie de la décision, sans surveillance.

Les datas montrent ce que nous disons, les métadonnées montrent ce que nous faisons.

Prix_surveillancePour localiser un individu, un suivi humain coût $275 de l’heure, une traque via le smartphone de l’individu : $5.21 de l’heure…

Les espions – modèle guerre froide – sont des agents qui ne prennent pas de décisions. La surveillance actuelle arrive aux décideurs avec une facilité déconcertante. Les liens web passent par des nœuds (Facebook, Google, Bing, etc) qui collectent tout. Non pas surtout ce que nous publions, mais surtout ce que nous lisons. Ceci leur donne des métadonnées qui leur permettent de nous connaître. Le point qui fâche Gerloff : quelle possibilité avons-nous de ne pas participer à cette collecte ? Qui arbitre ce qui relève du public et du privé ?

Quelle crainte ? Que la surveillance soit utilisée au bénéfice de gouvernements qui ne respectent pas la vie privée. Autre dérive possible : les corrélations qui fonctionnent de manière statistique, mais n’ont aucun sens.

Il nous faut des politiques qui remettent de « vrais » espions en place, sous-entendu des personnes qui rendent des comptes de manière structurée à des gouvernements élus et soumis au peuple.

En ce sens, les Eglises représentent une autorité morale qui devrait peser sur les autorités politiques. Un rôle qui est sous-estimé.

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